Déréalisation? – Peur de devenir fou et avoir l’impression que tout est absurde ?

Photo en contre jour d'une personne qui monte un escalier en pierre en pente douce entre les montagnes
Seul dans mon destin et ma tête, j'avais l'impression que le reste du monde était faux, que j'étais le seul à exister?

Il me semble que le nom de ce symptôme est “déréalisation”, mais je ne suis pas sûr.

Durant ces moments qui arrivent quand j’ai vécu trop de stress trop longtemps ou que je n’ai pas de traitement, je ressens que tout est absurde et que j’ai peur de devenir fou si l’intensité de ce sentiment d’absurdité est trop important.

Définition de la déréalisation :

La déréalisation (DR est parfois employé) est un état de conscience ou une altération de la perception ou de l’expérience de la réalité qui apparaît comme dissocié ou extérieur à soi. Suivant les cas, les notions d’existence ou de réalité, habituellement ancrées dans la personnalité, peuvent être remis en question. La déréalisation est en quelque sorte l’expérimentation concrète d’un doute métaphysique. Elle n’est pas une maladie à proprement parler. Autrement, il peut s’agir d’un symptôme dissociatif qui peut être vécu lors de périodes de stress intense et prolongé. Certaines pratiques de « méditation » peuvent également provoquer une déréalisation. (Wikipédia)

Effectivement, j’avais souvent peur à ces moments, et ça m’arrive encore parfois que le monde ne soit pas réel comme dans le film Matrix ou que les autres n’aient pas d’âme, ainsi je serais seul sur terre à vivre vraiment. Donc ceci peut être pris pour une remise en question de la réalité décrite sur Wikipédia.

Un dessin au crayon à papier représentant une gare et le chemin de fer à côté dans le far west
Dans les westerns, tout le monde est sauvage et méchant gratuitement, durant ces périodes d'inquiétude je voyais le monde ainsi.

Quand je vivais des périodes de stress important à cause des fluctuation de ma maladie…

…j’avais l’impression que tout était dur à vivre, il y avait une tonalité métallique et aucune chaleur, humanité dans tout ce qui m’entourait et dans les relations avec les autres, juste de l’agressivité cachée…

…à force de plusieurs jours dans cet état d’esprit tout devenait absurde et au pire j’avais une intense peur de devenir fou. Il n’y avait pas de la bienveillance dans les regards des autres que je ressentais, juste un jugement agressif envers moi pour dire qu’il ne fallait pas que je sois comme ça, que je pense comme ça, que je souffre ainsi. Et non l’idée: “mince alors c’est dure cette souffrance, mais ce n’est pas de ma faute”.

J’avais l’idée que si j’allais mal et que je redoutais que ça empire, c’était moi le coupable, il faudrait que je torde dans mon cerveau les idées responsables de cela pour que j’aille mieux, je ne me voyais pas comme une victime mais comme un coupable à ces moments là. Ça pouvait être à force de me mettre la pression suite à une grande charge de travail, que je finissais par ressentir cela. Il n’y avait que des sensations agressives de la part de l’extérieur, du monde, à force d’accumulation de ses sensations agressives, je crois qu’on à l’impression que le monde est absurde. Quand je n’avais pas de traitement, c’était en permanence et de manière très très intense que je ressentais cela, c’était horrible. Maintenant que je suis repassé sous solian à faible dose ça m’arrive un peu mais ça reste léger.

Pour ressentir cette absurdité ressenti dans la schizophrénie, pensez au film Mother ou regardez le (si vous ne l’avez jamais vu). Tout y est profondément déconcertant, absurde, inquiétant, au bout de deux heures de ce film on est franchement déréglé. Je l’avais vu avec une amie, et j’avais pensé en moi, c’est ce que je ressens de par ma schizophrénie, mon ami a mis quelques heures à se remettre du côté absurde de ce film, à ce moment j’allais assez bien et en dix minutes après la sortie, ça allait déjà mieux 🙁

Durant ces périodes je créais des croyances éphémères qui seraient des solutions face à mon futur sans issue.

Dans les moments où j’allais très mal et parfois maintenant quand j’ai trop de stress, que je redoute que mon psychisme s’empire, que je deviens fou inquiet à vie, que je finisse dans un hôpital psychiatrique, perdu dans un profond désespoir et une profonde inquiétude du futur qui me relance chaque seconde, je crée encore des petites croyances très éphémères dans mon esprit, qui disent que si je pense ainsi et je continue de penser ainsi, ça fera fuir mes obsessions, mes inquiétude et ça me sauvera.

Malheureusement ces croyances de pouvoir être sauvées sont immédiatement prises en défaut car je me rends compte immédiatement que c’ést insensé, ce qui m’inquiète intensément.

Voici un de mes écrits récents sur le sujet: “Je comprend que c’est ce que je m’imagine du jugement des autres sur moi qui crée la déréalisation chez moi, qui crée cette culpabilité. Du coup au moment où je sens que cette déréalisation arrive, je me dit “je ne devrais pas avoir peur du regards des autres car d’une part c’est mal vu d’avoir peur du regard des autres et que d’autre part c’est ça qui au bout du compte va me donner l’impression que tout est absurde, donc il faudrait que dès maintenant j’arrête de ressentir que le regard des autres comme incisifs.” et je culpabilise de ne pas y arriver et de rester inquiet”.

Mais finalement, faire cela, ce n’est que s’imposer un jugement méchant et agressif sur moi: “il faut que je fasse un effort pour me sauver, sinon je suis cuit et c’est justifié”, c’est donc un monde dur et violent sans cesse que je ressens, avec l’idée que c’est moi le coupable. Ces croyances qui se créent étaient donc elles même violentes contre moi , j’étais du coup un peu sur la défensive. un peu comme dans une machination.

chemin en Corse dans la verdure un peu sèche donnant sur la mer
Illustration pour embellir le site.

Je me rend compte de ces idées bizarres actuellement, ce qui m’inquiète si je suis dans ce mode où je me sens coupable, en général je ne comprend pas ce qui se passe dans ma tête à ce niveau et ces idées me sortent de l’esprit, ce qui est plutôt mieux. A la limite il ne faudrait pas stimuler les patients à se rendre compte de ces idées et les comprendre, car si ils sont entraînés à les comprendre, à les mettre en évidence dans leur esprit, sans oublier l’idée qu’ils viennent d’avoir, ça risque de créer un cercle vicieux, ils se feront des nœuds, et des inquiétudes, s’ils sont dans ce mode de culpabilité où ils doivent se sauver eux même. C’est peut être ce qui arrivent chez les patients borderline en psychanalyse où la maladie peut empirer ou dans l’hypnose pour les schizophrènes.

Ce ressenti que ça ne va pas, cette peur de devenir fou, c’est aussi l’impression que si une pensée ne va pas dans mon esprit, je suis comme en équilibre sur un fil, et alors je vais tomber dans l’inquiétude sans fin qui mène aux catastrophes.

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