Obsessions impulsives (ou phobies d’impulsion) :

cloitre d'une abbaye à Majorque, avec un palmier au milieu
Lors de cette période d'obsessions impulsives il m'était impossible de m'imaginer que ça allait vraiment se calmer, même si je gardais espoir.
Il s’agit de la crainte de commettre un acte délictueux ou dangereux (crainte d’agresser quelqu’un, de blasphémer dans une église, etc.).(wikipedia)

Ces phobies d’impulsions me sont arrivées surtout après ma grosse crise (suite à la prise d’un pétard) qui m’a amené à avoir un traitement dont j’avais en réalité besoin depuis longtemps. Ces obsessions d’impulsions ou phobies d’impulsions ont duré plusieurs mois, et étaient vraiment lourdes à vivre. J’avais peur qu’elle ne s’arrêtent jamais, je n’arrivais pas à voir comment elles pouvaient s’arrêter tellement elles étaient intenses, et j’avais peur qu’à force de les avoir je finisse par passer à l’acte et/ou devenir fou d’inquiétude, que je finisse en asile, je ne voyais, je n’arrivais pas à concevoir qu’elles puissent partir. Je me doutais que le traitement que je prenais devrait aider, mais mon intuition me poussait à avoir peur que ça ne s’arrête jamais chaque fois qu’une de ces phobies d’impulsion me traversait l’esprit.

Une semaine après avoir pris ce pétard très concentré en cannabis, je ne dormais plus, et j’ai fini par avoir une attaque d’anxiété intense, mon père m’a amené à l’hôpital, j’avais peur de finir ma vie dans un hôpital psychiatrique car je n’étais pas sûr qu’il existait un traitement adapté pour moi, je n’étais pas sûr d’avoir une schizophrénie (dont je savais que ça se soignait) mais je redoutais avoir une maladie encore plus grave qu’on ne peut soigner. Heureusement, j’étais bien schizophrène (phrase assez étonnante si on la prend sortie de son contexte), il existait un traitement pour moi.

Ces phobies d’impulsion qui ont perduré plusieurs mois après le début du traitement consistaient à m’imaginer que je finirais par me jeter sous le RER quand j’étais sur le quai, à sauter à la tête des personnes chauves et à leur arracher le scalp avec mes dents, à me grignoter les doigts, si je n’arrivais pas à penser à autre-chose.

En fait je vous explique ce que je me souviens de ce qui se passait dans mon esprit:

J’avais peur, extrêmement peur qu’une telle chose arrive, comme je savais que j’étais fou, que je n’arrivais à contrôler ma pensée sur nombreux sujets et inquiétudes, je me disais que logiquement je n’arriverai jamais à contrôler ces peurs d’agresser les autres ou de les tuer, mon esprit, quand ces peur me venaient en tête me faisait visualiser un tel scénario. Je me disais alors que ces flash, ces visualisations de ces scènes horribles, comme je ne les contrôlais pas, comme j’arrivais pas à penser à autre chose, ne s’arrêteraient jamais et qu’un jour forcément, je risquerais de faire cela. Et du coup j’essayais de ne pas penser à cela pour me rassurer que je pouvais penser à autre-chose , mais la seconde d’après j’avais une phobie d’impulsion et je redoutais à nouveau cela et ces scènes, ces flash me revenaient à l’esprit et ainsi de suite, voyant que je n’arrivais pas à penser à autre-chose je paniquais que je finirais un jour par faire ça.

Je ne voulais pas de ces idées, j’étais conscient que je ne devais pas avoir ces idées, mais elles venaient quand même en moi.

Si vous avez ces peurs trop intensément, je vous invite à prendre un traitement plus fort, j’aurais dû expliquer cela à mon psychiatre, il m’aurait donné du Tranxene ou autre, ça m’aurait sûrement soulagé!

Un éléphant et surement une éléphante à coté
La sociabilité qui est très certainement utile pour maximiser ses chances d'avoir une descendance s'installe dans les éspèces sociales. Je pense qu'elle consiste à ressentir ce que les autres ressentent pour le prendre en compte, ainsi on peut s'entraider.

Il me semble bien qu’aucunement avoir des phobies d’impulsions crée un risque de passer à l’acte

Pour moi, maintenant, je pense qu’il n’y avait sûrement aucune chance que je fasse du mal au autres même si ces phobies d’impulsions avaient perduré plusieurs années (si jamais vous souffrez de schizophrénie et pensez vraiment que vous pourriez faire du mal, parlez en à votre psychiatre qui vous donnera un traitement, il me semble que les phobies d’impulsion n’amène jamais à faire l’actes redouté, mais je ne suis pas totalement sûr de cela, je vous laisse voir avec votre psychiatre si pour vous il y a vraiment un doute). Dans mon esprit la peur de faire du mal était intense, ces idées que j’avais, je me disais qu’elles étaient graves si les autres les voyaient et c’est aussi ce qui m’inquiétait quand je voyais que je n’arrivais pas à contenir ces idées. Je m’interdisais totalement de faire du mal aux autres et je pense maintenant que pour moi il n’y avait aucune chance que je fasse du mal aux autres.

Un peu dans la continuité de cela, pendant de nombreuses années, je redoutais qu’on me pense être réellement dangereux si je racontais avoir eu des phobies d’impulsion, je suppose aujourd’hui que si on raconte ses idées de phobies d’impulsions clairement, qu’on a peur de faire du mal à ces moments et que c’est pour ça qu’on y pense, mais qu’en vrai on ne le fera sûrement jamais, qu’alors la plupart des gens comprendront qu’on n’est pas dangereux mais juste obsédé par cette inquiétude.

Peur d’être mal vu des médecins à cause des symptômes

Du coup si je racontais ça à mon médecin ou à mon psychiatre, je sortais alors du cabinet avec un certains mal être, la peur  d’être vu comme dangereux pendant quelques 30 minutes, je me disais alors que je devais arrêter de penser que mon médecin pense ça, car ce n’était en pratique sûrement pas le cas, mais ça ne m’empêchait pas de m’inquiéter qu’il s’inquiète que je sois dangereux. Quand j’étais hospitalisé, juste pour faire le diagnostic de ma maladie et pour adapter mon traitement alors que je l’allais assez bien, je finissais par ne pas supporter le regard des soignant qui, j’avais l’impression me jugeaient sur mes idées, mon comportement, comme si à chaque instant ils se faisaient une idée idiote sur moi. Je suis rentré chez moi après une semaine et j’étais bien content car c’était plus tenable, ça me dérangeait de penser que les soignant, quand j’étais hospitalisé pensaient que j’avais eu des phobies d’impulsions ou avaient certains stéréotypes idiots sur moi, et que je ne pouvais lutter contre ces stéréotypes idiots et réducteurs qu’ils avaient sur moi, au risque de m’énerver et passer pour un fou dangereux, empirant ces stéréotypes.. Il peut y avoir dans certains services un réel mépris envers les patients, quand c’est le cas, c’est inacceptable, pour mon cas, je pense que c’était une inquiétude trop importante de ma part qui provoquait surtout ce ressenti désagréable (même si j’ai un peu honte de l’avouer). Et je me disais: “heureusement que je peux revenir chez moi, je serais devenu dingue à rester là bas!” créant une peur d’être hospitalisé, heureusement pour moi, encore jamais nécessaire.

J’aimais mal être mal perçu, c’est pourquoi, parfois quand mon ancien psychiatre me parlait de certains sujets, je faisais un peu la tête, du genre je n’appréciais qu’on puisse me considérer comme malade de cette manière, ce sont les autres qui sont malades de cette manière, pas moi, c’était dérangeant d’être vu ainsi.

Je vous prend un exemple, mon ancien psychiatre m’avait parlé d’une patiente qui avait eu des idées bizarres: Ayant eu un fils homosexuel, elle a eu à la suite de cet annonce un problème gynécologique pénible, je crois qu’elle avait des règles en continue, elle a alors eu l’impression, l’intuition que cette pathologie gynécologique était une conséquence, une punition divine d’avoir eu un enfant homosexuel.

Mon psychiatre m’avait raconté cela, je l’avais un peu compris mais pas vraiment, pour faire le parallèle entre l’idée bizarre que cette femme a eu et le fait que moi aussi je pouvais avoir des idées bizarres, faire des liens surnaturels entre des événements, dans le but d’ouvrir la conversation. Seulement, j’ai ressenti que le fait de ressentir avoir un fils homosexuel comme une punition est mal, car c’est intolérant envers les homosexuel de penser cela, c’est pourquoi quand mon psychiatre m’a raconté cela, plutôt que de dire: oui j’ai aussi des idées bizarres, j’ai eu la réaction de vouloir ne pas ressembler à cette dame qui me paraissait intolérante, par peur d’être rejeté d’être ainsi et j’ai dit un truc du genre, “c’est pas très bien d’être intolérant (ici je parlais d’homophobie envers son fils), heureusement que je ne suis pas comme ça”.

Le fait d’aborder certains sujets avec certains patients peut les déranger car ils peuvent avoir peur que si on dit qu’il a tel symptôme, c’est que c’est quelqu’un de pas normal, à rejeter, qu’on ne considère pas vraiment comme notre égal, dont on fait des stéréotypes plutôt que de le comprendre. En tout cas, moi, je ressentais cela il y a quelques années.

Quand une psychiatre que j’ai vu au tout début de mon traitement m’a vu et m’a posé la question “est ce que vous avez des amis ?” avec un regard qui m’a fait ressentir le message suivant: “ah oui, je vois bien que tu n’as pas d’ami, avoue le, c’est un signe de la schizophrénie”, je l’ai mal vécu, comme une humiliation, comme le fait que je sois pas digne d’être un humain, que ce genre de problème que j’avais devait me faire considérer par les autres comme si je n’étais pas égaux à eux, que ma pensée était anormale et que je ne devais pas être pris au sérieux, puisqu’une personne délirante n’a que des avis faux et un peu ridicule, qui sont à la limite drôle,et que c’est les mecs pas doués qui n’ont pas d’amis,… c’était comme ça que je ressentais les choses.

Il faut juste savoir que ce n’est pas de notre faute d’avoir des symptômes,

… mais parfois le cerveau en fait qu’à sa tête et de manière plus fort que soit on ressent la honte d’avoir un symptôme car on s’imagine les stéréotypes que les autres vont faire à notre sujet quand ils sauront cela. On ressent que la personne ne va pas nous considérer comme humain si on a ça, cette impression forte est en soit un symptôme et en même temps un phénomène normal, je pense qu’une personne qui raconte qu’elle est schizophrène à ses amis alors qu’elle ne l’est pas, sera tout de même dérangé par leur regard.

Pour les médecins, je l’ai vu aussi, heureusement rarement, des médecins ou soignant qui méprisaient les gens ayant des problèmes psychiatriques.

La peur qu’on pense que moi qui ait eu des phobies d’impulsion, je voulais vraiment tuer des gens m’aurait poursuivi si je n’avais jamais eu de traitements.

photo d'un bouc dans une ferme qui émerge sa tête d'une barrière
Les schizophrènes sont gentils aussi :).

Les humains sont bons en général, les schizophrènes aussi!

De la même manière qu’il existe ce mécanisme dans le cerveau de presque tout le monde qui fait qu’on redoute terriblement faire du mal aux autres si on commence à y penser, et qui in fine, fait qu’on ne fait pas de mal aux gens en général, ce mécanisme est toujours présent chez les patients schizophrènes voir même amplifié, du moins chez moi c’était le cas, c’était amplifié, je redoutais faire du mal aux autres, et c’est justement pour ça que j’avais des phobies d’impulsions, et pas parce que j’aurai vraiment voulu leur faire du mal.

Durant ces phobies d’impulsion on a terriblement peur de faire du mal aux autres, et ceci est la preuve pour moi que le mécanisme innée (ou quasiment innée) qui nous empêche de faire du mal aux autres est bien présent chez les patients schizophrènes.

Même si la parano des patients schizophrènes peuvent les amener à vouloir du mal aux gens dont ils pensent qu’ils pourraient les menacer, les harceler, les contrôler, répandre des rumeurs sur eux, la retenu est toujours présente, d’une part parce qu’ils peuvent se rendre compte que leurs idées paranos bien que les envahissant l’esprit n’est pas vraiment fondée (je crois que tout les schizophrènes ne comprennent pas que leurs idées sont infondées au fond, mais je ne suis pas sûr de cela), mais aussi parce que faire du mal aux gens, c’est grave, et ça même si on est schizophrène.

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