L’anosognosie

Lézard assez gros, de l'ordre de 25 cm, sous une pierre
Il y a vraiment un lézard dans l'esprit!
On dit souvent que les personnes schizophrènes ont une anosognosie de leur maladie, qu’ils ne s’en rendent pas compte. Je pense que c’est assez faux…

… du moins que ça ne représente pas toutes les personnes ayant une schizophrénie, même plutôt un minorité après quelques mois où la maladie est installée (c’est ce que j’ai ressenti chez moi et chez des connaissances qui sont, je crois, schizophrènes)

Je vous dit pourquoi je ne racontais pas que je me sentais malade.

Comme je ne racontais pas que je me sentais malade, on aurait pu croire que je ne m’en rendais pas compte, mais non. Je me sentais très malade, que cette maladie risquait de me faire atrocement souffrir jusqu’à la fin de ma vie. J’avais cette peur intense de finir ma vie fou, anxieux, clochard (car moi adulte à cause de cette anxiété, je sais que je ne pourrais pas travailler). Ça créait des espèces de bouffées rapides d’anxiétés (qui duraient une fraction de seconde) qui venaient et partaient puis revenaient et ainsi de suite. Je me mentais à moi même et j’espérais que je n’avais rien de bien grave, que je ne devais pas être anormal. Je ressentais parfois que c’était ridicule que je me sente vraiment malade, profondément ridicule. Je ressentais à ces moments que je n’avais qu’un petit vélo dans la tête et que c’était idiot de me sentir malade. Parfois aussi, comme ces maladies mentales dont j’avais entendu parlé me faisaient très peur, j’essayais de me mentir en me disant que je ne devais pas avoir ça. Pourtant l’évidence de mes souffrances me poussaient à penser que si.

Et puis comme raconté précédemment j’avais peur de partager mon ressenti de peur de passer pour un fou, que cela me colle. Je savais que je ressentirai le regard de la personne à qui je me serais confié juste une seule fois comme profondément dérangeant et jugeant. J’aurais eu peur de passer pour un fou dangereux grave auprès d’elle jusqu’à la fin de ma vie.

On a la forte intuition d’une chose et en même on se rend compte que ça tient pas la route.

Également il faut bien le préciser, le principe de certains délires c’est qu’on est persuadé qu’il y a un truc. On peut avoir conscience que notre raisonnement ne va pas. Mais même en le sachant, on ne peut pas raisonner comme si on avait pas ce problème, ces intuitions. Même si on pense que c’est mal vu, sûrement faux, que la plupart des gens ne l’ont pas. Les réflexes de raisonnement se basent sur le fait que notre intuition est vraie, même si la raison pousse à corriger ces raisonnements après les avoir eu. Parfois on peut changer un peu notre intuition, notre ressenti primaire, par exemple le lion dans la cage ne nous fait pas peur car nous arrivons à contextualiser. Mais cela a une limite et on ne peut pas tordre tout ce qu’on ressent pour ne pas le ressentir, même si on a conscience que cela est déconnant. Par exemple si vous ressentez de l’hostilité de la part de personne qui vous agresse à répétition, vous ne pourrez pas ne pas ressentir d’hostilité. Pour les intuitions parano ou les idées bizarres, c’est pareil, sauf que suivant le contexte, on peut se rendre compte ça colle pas.

Si le délire est que d’autres personnes peuvent nous persécuter ou nous trouver fou. On peut se rendre compte que ça nous rend stressé et qu’on ne pourra pas continuer toute sa vie ainsi. Aussi que les autres ou soit-même avant d’être malade n’ont pas de telles idées. Mais si on croise la personne dont on imagine qu’elle nous veut du mal ou nous trouve fou, on aura mécaniquement tendance à ressentir sa présence comme hostile, impossible de faire autrement. Même si on sait qu’on déconne et qu’il ne faut pas lui faire de mal.

Comme ces idées sont anormales, nous font souffrir et qu’on peut redouter qu’elles nous pousser à être méchant, alors tout ça peut pousser à ne pas vouloir avoir ces idées et intuitions ressenties comme parasites. C’est alors qu’on peut essayer de ne pas les avoir, mais c’est impossible, cela ne part pas malgré la bonne volonté (sauf avec le traitement).

Avoir l’espoir que ça va s’arranger

On peut être amené à espérer, à croire qu’il y a bien un moyen pour résoudre cela, en résolvant ce qu’on estime être responsable de son mal être, par exemple en déménageant (ça s’appelle un déménagement pathologique) dans un meilleur endroit, en ayant une petite copine qu’on aime et avec qui on pourra partager son ressenti, en fuyant certaines personnes qu’on estime néfastes, etc. .
C’est quand on se rend compte que c’est impossible, après un certain vécu, qu’on comprend que c’est dans notre esprit que ça cloche…

… qu’on est amené à aller voir un psychiatre. Je pense qu’une bonne partie des gens peuvent se rendent compte qu’ils n’étaient pas comme avant le début de la maladie et vont alors consulter, étant encore en confiance avec le corps médical. Mais moi, j’ai toujours été malade, et j’avais peur de consulter en pensant que c’était une maladie très grave et que je risquais d’être enfermé. Je n’avais pas d’ami assez intime pour en parler et que je sois guidé.

Par exemple, au début où on est malade, si on imagine que quelqu’un nous veut du mal on pourra penser que c’est réel, en effet, dans le passé, quand on était pas malade, notre esprit nous a jamais trahi. Quand on redoutait que quelqu’un nous embête c’était souvent bien réel. Du coup on peut penser que c’est bien justifié cette fois aussi, leur cerveau n’a jamais déconné, il n’y a pas de raison qu’il déconne aujourd’hui. C’est je pense pourquoi, peut être certaines personnes n’ont pas d’aspect critique au début de leur maladie.

Un cours de psychiatrie sur l’anosognosie.

A moins que je me trompe, et que beaucoup de patients schizophrènes ne réalisent vraiment pas être malade, sinon ils restent encore nombreux soignants à ne pas comprendre que les patients ont conscience de leur trouble.

Je vous l’assure avec mes connaissances: il est impossible de savoir que, je cite “Le refus de reconnaître être atteint d’un trouble mental grave est lié à des dommages au cerveau, plus spécifiquement le lobe frontal et non au déni ou à l’entêtement.” comme le dit ce document… en fait en lisant plus en détail ce document, il semble mettre en évidence que certains patients auraient une vraie anosognosie, et d’autres un déni.

En toute rigueur, il est impossible de savoir ce qu’il se passe dans le cerveau d’une personne (il n’y a pas encore de technique permettant cela). Donc on ne peut pas savoir à coup sûr si il s’agit de ne pas avoir conscience du tout de la maladie ou non (de l’anosognosie). Par contre il me semble rigoureux que ces médecins trouvent deux groupes de patients dans la schizophrénie. D’après ces médecins, il y a ceux ayant un déni comme moi et ceux semblant avoir une anosognosie. Je suppose que ces médecins travaillant à l’hôpital voient des cas plus extrêmes dans le sens où ce sont des patients qui ont besoin d’hospitalisation parfois. Par conséquent, je pense que les 60% d’anosognosies (ou de supposées anosognosies) décrit que les patients en hôpital et non tout les patients schizophrènes où ce taux est peut être bien plus faible. Effectivement si les patients témoignent de ne pas se sentir malade malgré le traitement, en l’affirmant franchement, j’avoue qu’on peut penser qu’il y a réellement une anosognosie pour ces patients. Egalement chez ces patients ils ne remettrait pas en question leur délire même si on leur explique qu’il ne tient pas la route. Cependant il faut comprendre que ce n’est pas le cas de tout les patients.

Mon vécu dans cette peur intense d’être malade et condamné

Moi j’avais entendu dans quelques émissions à la télévision ce qu’était la schizophrénie, ça m’a énormément inquiété. Bien que je n’avais pas d’hallucinations ou très minimes, je me suis reconnu dans la descriptions. Le fait que leur vie semblait fichue, m’a fait une peur inimaginable.

photo de la tour eiffel prise d'un escalier du trocadéro
Projets mégalos, objectifs fous! Oui j'étais beaucoup mégalo et supportais mal d'avoir un petit destin 🙁

En fait je ne me projetais pas dans le futur, sinon dans un futur utopique beau et radieux où par miracle j’irai bien, je pourrais travailler, et je serai performant. Je revais d’être médecin, président de la république, écrivains, physicien, c’est à dire performant comme je m’imaginais que les gens devaient me percevoir. Mais je savais au fond que c’était utopique.

Le mal-être, l’angoisse que j’avais, m’empêchait de m’imaginer dans le futur, je gardais un espoir. Étant donné qu’à première vue mon anxiété, ma parano et tout mes symptômes continueraient à être là car ils ont été là depuis mes 3 ans.

Je n’osais imaginer les années à venir, je n’osais me dire quand je serais adulte, j’aurai une voiture et un travail et je serai heureux. Je ne supportais pas avoir un destin normal, pas extraordinaire. Si j’avais été honnête avec moi, ne sachant pas qu’il existe des médicaments, j’aurais dû comprendre que je finirai ma vie dans un hôpital psychiatrique rongé par l’inquiétude. L’inquiétude sociale intense, la peur de paraître bizarre à chaque parole que j’adresse dans une conversation, la peur du moindre effort. Tout ça m’épuisant psychiquement énormément avec les phobies d’impulsion augmentant, je ne pouvais tenir.

Si j’avais eu un travail, une voiture, un logement, j’aurai eu les angoisses à la manière de Tanguy de le film, mais en carrément pire, et car seule la présence de mes parent me rassurait vraiment. Tout le reste ne faisait que me rajouter des angoisses, alors j’avais peur de grandir et quitter chez moi.

Comme je redoutais de finir dans un hôpital psychiatrique si je parlais de mes soucis à un médecin, je n’avais alors aucune issue à part continuer comme les gens voulaient que je continue et comme mes parents voulaient: aller à l’école et à la fac… mais après?

Le peur d’être dévoilé restait toujours un peu présente malgré le traitement

J’avais également après le début de mes traitements encore peur de témoigner de mes pensées de tout les jours. Je me disais que certains de mes ressentis étaient uniquement présents dans la schizophrénies. Du coup que si je témoignais d’une impression que j’ai eu,je redoutais qu’on comprenne que j’étais schizophrène d’autant plus que mes connaissances étaient surtout des étudiants en médecine…

…du coup je partageais pas trop mes ressentis (pourtant souvent ces idées pouvaient arriver aussi chez les personnes non schizophrènes) et je m’isolais donc 🙁

La vexation de passer pour un fou parano insensé.

Un autre phénomène qui m’est arrivé souvent et qui pousse les personnes a ne pas avouer qu’elles comprennent qu’elles sont anormalement parano est le suivant:…

Lorsque j’avais une idée parano sur un sujet, par exemple l’impression que des gens issus de lobby vont prendre petit à petit le pouvoir de l’état, et alors qu’on ne me croyait pas, je pouvais paraître franchement agacé parce que je sentais que les personnes à qui je parlais pouvaient me prendre pour un idiot, une personne parano qui s’imagine absolument n’importe quoi. Je me disais que ma parole paraissait être celle d’un fou pas fiable qu’il faut mieux pas écouter et que, quoi que je fasse, je ne les persuaderai pas. Donc je n’osais avouer que quelque part je me sentais quand même trop parano de peur de passer pour un idiot qui a tort et à qui on dise: “et bien vous voyez il raconte n’importe quoi puisque lui même avoue qu’il est parano!” Le jugement de passer pour un idiot et la peur d’un scénario où l’on me croit jamais quoique je fasse m’énervait et me poussait à ne pas avouer que j’étais trop parano.

Pour résoudre un peu ce genre de problèmes avec un patient, il faut lui dire qu’on veut bien le croire, mais qu’il faut avouer qu’il est trop inquiet et énervé, que ça n’est pas grave qu’il soit énervé et trop inquiet mais que c’est un peu fatiguant pour lui, même si il peut avoir raison sur certains points, et donc qu’on va essayer de mieux le soigner.

… D’ailleurs, aujourd’hui où je suis moins parano, je pense toujours qu’il est possible que des lobby tentent de prendre un peu le pouvoir, même si ça n’est pas sûr non plus. Il y a des éléments qui vont dans ce sens au états unis et on peut le voir de le film vice par exemple.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je pense que la logique est conservée dans la schizophrénie, même si elle fonctionne moins bien

une salle avec des fauteuils et une belle vue en Corse avec un jeu d'échec posé sur une table basse
La logique est conservée. Mais quand les idées nous fusent dans l'esprit, il est beaucoup plus difficile de garder le chemin du raisonnement par exemple lors d'une partie d'échec ou même quand on répond à une question simple à une personne.
Contrairement à ce que les gens pensent souvent sur la schizophrénie, je pense que la logique est conservée dans la maladie pour au moins une bonne partie des patients. Si une idée n’est pas logiques, si cette personne a un cerveau capable de mettre en évidence que c’est pas logique en temps normal, elle aura aussi la capacité de le faire durant le délire. C’est juste que l’afflux d’impression intenses et qui arrivent rapidement fait oublier les arguments en défaveur de cette impression. Cependant il peut y avoir par certains points, des éléments qui font comprendre au patient que c’est pas bon.

Je donne l’exemple de l’idée qu’il est probable que des gens se soient mis d’accord pour nous tuer pour appuyer l’idée que la logique reste dans l’esprit. Là, les contre arguments ne sont pas pris en compte. Cette idée peut effectivement ne pas être logique en quelques sorte, car si on réfléchit bien, un tel évènement, c’est à dire un meurtre, n’arrive jamais ou pas plus d’1 sur 100 000 personnes. Il n’y a pas de raison que ça nous arrive plus à nous que ça. Sauf si on pense qu’on est très important et que pour ça des gens voudrait nous tuer, par exemple si on travail sur un projet important. Mais alors on peut se demander si ce projet est réellement connu par d’autres personnes qui pourraient nous en vouloir, et si vraiment les gens seraient prêt à nous tuer juste pour ça. Mais l’inquiétude étant telle qu’on oublie de faire de telle remise en question et de bien les considérer. Et si quelqu’un nous dit: “réfléchi, personne ne veut te tuer, ça n’arrive jamais que des gens tuent au hasard d’autres personnes”, alors effectivement il pourra y avoir remise en question chez la personne délirante. Il pourra effectivement se rendre compte que ses inquiétudes sont exagérées un temps. Mais il continuera à s’inquiéter, et son cerveau plus fort que sa raison continuera à créer des scenario inquiétants.

Ça me fait penser à un certain, très connu chroniqueur qui si on lui expliquait que les musulmans n’étaient pas dangereux, son esprit aurait réussi à construire sans cesse des observations bancales sur pourquoi il existe un complot des musulmans contre la France. Ce chroniqueur aurait presque peur de redevenir sensé, car tellement persuadé que les musulmans sont dangereux pour la France, ce serait dangereux de redevenir sage parce que dans ce cas, il ne lutterait pas contre eux, qui à son sens représentent réellement, forcément une menace.

Je pense que c’est quelqu’un qui n’a pas conscience que la plus part des gens, y compris les musulmans sont des personnes bonnes. Je pense que la plus part des gens ne sont pas des héros, mais que la plus part des gens sont embêtés de faire souffrir les autres. Du coup cela le conforte dans ses idées. En plus, je pense qu’il n’a pas la capacité de se rendre compte que ces attaques blessent ces gens.

la plage, la mer, et les beaux bâtiments à biarritz
Illustration pour embellir le site.

Avoir peur d’abandonner son délire parano car on la considère comme vrai

Je pense que ne pas vouloir abandonner son inquiétude parano, car comme on est sûr quelque part qu’elle est vraie, et donc que l’oublier nous mettrait en danger face à une menace bien réelle, et que du coup il ne faudrait pas prendre de traitement, est un phénomène courant dans les inquiétudes parano. Parfois aussi dans la schizophrénie, mais j’ai l’impression que généralement la raison prend le dessus dans la schizophrénie et les gens se soignent quand ils se rendent compte que c’est plus possible dans leur tête.

Il y a aussi des délires qui convainquent les gens (il me semble bien), qu’ils sont vrais, bien agréables et rassurant, souvent surnaturel je crois. D’autres qui peuvent être ressenti comme à rejeter. Je ne prétend pas connaître tout les délires arrivant dans les pathologies psychiatriques, mais j’espère que le témoignage du mien pourra aider les soignant à mieux comprendre leur patient.

Encore une fois d’après cet article une partie des cas de schizophrénie n’auraient a première vue pas conscience que les idées qu’ils ont ne tiennent pas la route. Je n’étais pas au courant de cela, et c’est pourquoi je ne comprenais pas qu’on parle d’anosognosie dans la schizophrénie.

La preuve que la logique peut tout à fait être conservée est que durant ma deuxième première année de médecine je suis arrivé classé dans les 30 premiers sur 1800 étudiants au premier semestre sur des épreuves de biologie cellulaire, de chimie et de physique, ces 3 matières étant toutes basées sur la réflexion et la logique.

Effectivement la partie du second semestre sur ce qu’on appelait science humaine et sociale dont certaines matière parlaient de droit et donc basé quelque part sur ce que ressentent les gens, était à l’époque très difficile à comprendre pour moi car elle faisait référence aux ressenti des autres, que je ne comprenais pas. Bien que j’essayais de me mettre à leur place, je n’arrivais pas à comprendre ce que les autres ressentaient.

Je ressentais oui, mais des trucs très différents, comme l’anxiété sociale intense, le mal-être, la parano, la peur d’être bizarre ou démoniaque, du coup il m’était impossible aussi pour ça de me mettre à leur place. Je vivais différemment, plus précisément, je survivais, je vivais des trucs extrêmes.

Et je pensais que parce que je vivais ça j’étais complètement anormal et ça me faisait peur.

Être amoureux fou – obsession d’un amour non partagé

Je croyais que ce que j’avais ressenti à l’époque était une forme d’érotomanie, il semblerait bien que non:

Définition de l’Érotomanie:

L’érotomanie, ou syndrome de Clérambault, est la conviction délirante d’être aimé. Loin de l’obsession d’un amour non partagé, c’est une forme de psychose paranoïaque de la catégorie des délires passionnels, où la haine de l’autre est, par un renversement des positions subjectives, déguisée en « conviction illusoire d’être aimé ». De la même manière que dans le délire de persécution l’individu est persuadé d’être l’objet de malveillances imaginaires, l’érotomane est persuadé d’être l’objet d’une bienveillance amoureuse, tout autant délirante, de la part d’autrui. (Wikipédia)

deux oursins qui se disent bonjour sur une plage de Corse
Ces petits oursins ont traversé tout l'océan Atlantique et la Méditerranée pour enfin se retrouver. Quelle belle histoire d'amour! Je rêvais d'une aussi belle histoire qui me sauverait!

Je n’avais pas l’impression d’être aimé par cette fille, mais j’étais attiré jusqu’à l’obsession, je ne sais pas si ce que j’ai vécu porte un nom.

J’étais tombé amoureux d’une fille qui habitait loin, qui était dans la ville d’à côté, là où quand j’étais petit, c’était le bout du monde, le fait qu’elle habitait cette ville me donnait l’impression que c’était une fille lointaine, un peu froide, mystérieuse et attirante, un peu comme quand on envie enfant ceux qui prennent des risques pour faire des bêtises assez osées, alors que soit même, ça nous ferait très peur et ça nous dérangerait de les faire. Par certains points, je sentais qu’elle était comme moi, sur le fait d’être gentille et tolérante. Du coup elle me donnait l’impression qu’elle arrivait à surmonter les choses inquiétantes parce qu’elle habitait loin, dans cet environnement inquiétant pour moi, plus sauvage. Ça me donnait l’impression qu’elle faisait parti de ces gens qui arrivaient, sans sembler se forcer à être forte dans les situations où j’étais profondément inquiet, et ça, ça m’inquiétait et en même ça m’attirait. Pourtant elle semblait être comme moi, elle était à la fois familière et extraterrestre (car elle réussissait à surmonter ce genre de peur), j’étais en admiration dans mon esprit bien que j’essayais de ne pas le montrer.

Ce qui me faisait penser qu’elle était comme moi était qu’elle avait eu, d’après son témoignage l’impression quand elle était dans son lycée (le même que moi) que les autres jouaient la comédie, un peu comme les déréalisations que j’ai vécu…

… avant qu’elle quitte le lycée pour faire des cours au CNAM à distance. Pour moi qui me sentait totalement extraterrestre par rapport aux autres, complètement pas normal, le fait qu’elle ait ce même symptôme que moi me donnait l’impression qu’elle était comme moi, ça créait un côté rassurant, je crois qu’elle a quitté le lycée car ces déréalisations lui devenaient insupportables, comme pour moi. Elle avait eu cette chance de quitter ces choses qui la faisait souffrir, c’est peut être ça qui l’avait sauvé et qu’elle avait guéri contrairement à moi dont ma vie était foutue. Ça me faisait mal de me dire cela. J’aurais donc dû lutter contre moi, et dire à mes parents que je ne tenais plus et que je voulais arrêter le lycée pour le faire au CNAM, alors que ça m’aurait extrêmement dérangé de faire cela par pudeur de ne pas vouloir montrer que j’étais fou à mes parents étant donné que je ressentais mon mal être comme dérangeant, honteux. Je culpabilisais donc de ne pas avoir fait cela, alors que ça m’aurait profondément dérangé de le faire, mais peut être aussi un assez aidé car il est vrai que je vivais très très mal le lycée, avec la peur du jugements des gens, le stress intense de me faire fâcher par les profs comme je faisais que rarement mes devoirs, le stress de me lever tôt.

J’étais dans le délire fou que si je sortais avec elle comme on était pareil et que je lui aurais raconté ma vie, ça aurait pu me sauver… En même temps je sentais bien que c’était une croyance folle d’espérer cela, mais j’étais désespéré.

Un coeur dessiné dans le sable avec un L au milieu
Ahhh, c'est qui qui est amoureux de L!
Une forme de jalousie:

La peur extrême de voir, de m’imaginer, la fille dont j’étais amoureux et qui semblait, dans mon esprit avoir les mêmes fragilités que moi, et peut être bien être la seule sur terre à être comme moi, être à l’aise dans les situations où j’étais terrorisé me créait une espèce d’effroi. Ca me faisait dire que j’étais perdu à jamais, le seul sur terre à être ainsi et que cette fille a pu réchappé de justesse mais pas moi. Par exemple avoir un travail, faire l’amour, ou m’imaginer que dans son internat elle fasse des partouzes! ça me faisait mal, j’avais l’impression d’être le dernier idiot fragile psychiquement et ridicule sur terre, qu’il n’était pas normal d’être si inquiet et que ça avait été idiot de m’imaginer qu’elle pouvait être comme moi. Je me sentais complètement largué, dépassé. Moi j’avais peur de finir dans un hôpital psychiatrique rongé par la terreur constante, pas les autres. J’étais le dernier mec idiot à avoir des pensées folles sans sens.

Je me demandais: est ce de la jalousie normale? est ce que les autres ressentent cela quand ils sont jaloux? Je me disais que certainement non et que c’était une raison de plus pour penser que je suis grave.

Je me voyais, comme d’habitude, responsable de cette folie en moi, et je devais m’efforcer de l’empêcher, j’imaginais que les autres m’en auraient voulu, m’aurait trouvé nul, si ils voyaient toute cette folie en moi, je me rejetais, j’étais en désaccord avec moi même, je devais changer intérieurement.

Je culpabilisais en continue, pas un moment de répits pour me dire que dans cette histoire, au fond, j’étais la victime, la victime de ma maladie psychiatrique et avoir un peu de tristesse de cela. Même la pitié envers moi disparaissait petit à petit vers l’effroi et ça m’inquiétait de me voir disparaître.

Un dessin représentant deux visage, celui d'un homme se portant droit et une fille posée sur son épaule
Le contact avec une fille me stressait fois mille, impossible d'être serein, bien que ma libido pouvait me donner envie de câliner certaines filles :). J'aurais aimé être posé et profiter d'une relation amoureuse calme.
Ça me faisait pas trop peur de m’imaginer quelqu’un de différent de moi ne pas avoir peur de la vie et ne pas avoir peur en société, mais là elle était comme moi.

Je déshumanisais ces gens que je ressentais pas comme moi, ils n’avaient pas la même valeur, pas vraiment d’importance, même si je ne voulais pas leur faire du mal. Ils n’avaient pas toutes mes connaissances de ce qui est juste, qu’il faut être tolérant, que c’est important d’être tolérant, qu’on doit trouver toujours un moyen d’entente entre les gens, et ça, ça leur donnait moins de valeur à mes yeux, puis comme il n’était pas vraiment comme moi, je ne cherchais pas à comprendre ce qu’ils ressentaient comme je le faisais avec cette fille etc..

Je pensais à elle et à son regard jugeant sur moi, j’avais peur qu’elle me juge comme une personne différente qu’elle aurait alors pu mépriser car je faisais parti des gens non tolérant, ceux qui n’aimaient pas les enfants, qui pouvaient être racistes, ceux qui veulent faire des métiers banaux et non médecine ou infirmier (elle voulait faire infirmière) car dans mon esprit c’était les seuls métiers valables pour vraiment faire le bien, en effet tout les métiers scientifiques, je me disais, risque de mener à la fin du monde à cause, un jour, de la puissance de la science.

dessin stylisé d'une sirène au dessus de la mer très agité et d'un paquebot
L'amour était une utopie obsessionelle folle et pas agréable!

J’avais terriblement peur de passer dans son esprit pour un connard, c’est une des raisons avec la peur du danger des autres disciplines scientifiques sur le long terme qui m’ont poussé à faire médecine, une raison folle qui créera un malaise par la suite.

Ce jugement de passer pour un connard à ses yeux m’obsédait, et si j’avais été en contact avec elle, j’aurais toujours eu peur de ce jugement, et j’aurais toujours cherché à la persuader que je n’étais pas un connard.

Je me faisais des films en boucle où je me disais que si je la voyais et si j’essayais de la persuader que j’étais pas un connard, alors qu’il n’y a quelque part pas de raison qu’elle pense ça, alors elle me prendrait pour un fou de vouloir la persuader de cela et que moi j’ai cette crainte sans arrêt, alors je ne supportais pas ce que je m’imaginais de son jugement qu’elle me prenne pour un fou, que je ne supporte pas ça et que du coup j’essaie de la persuader que je ne suis pas un fou dangereux et ainsi de suite.

Bien que les quelques fois où je l’ai vu, elle paraissait gentille, je redoutais son jugement il m’obsédait totalement, comme si il était méchant et que je n’avais pas le droit de me dire qu’elle aille se faire cuire un œuf.

Je n’aurais pas été méchant en pratique. J’avais peur de faire parti de ces fous érotomane qui apparemment finissent par tuer leur amoureuses comme je l’ai entendu une fois durant mes cours de médecines, dans mon esprit les érotomanes étaient vus comme des malades qui finissent par se tuer ou par tuer leur amoureuse. J’avais des phobies d’impulsion et c’était un argument de plus dans mon esprit pour avoir peur qu’un jour je devienne fou et je la tue. J’aurais jamais tué cette fille, mais c’est sûr, sans traitement, la peur de son jugement négatif sur moi m’aurait obsédé à l’infini.

Quelques idées que j’ai sur d’autres maladies :

Paysages près de aix en provence avec deux vieux arbres au milieu de couloir en Pierre
Illustration pour embellir le site.

J’ai un ami que je crois être atteint d’hystérie, il va bien par période, et mal à d’autres moments. Je crois qu’il va mal surtout quand il voit beaucoup de monde trop longtemps et qu’il va mieux quand il s’isole plusieurs jours et je crois que c’est un phénomène connu dans l’hystérie.

Je pense que pour l’hystérie il est possible que la personne ressente le regard des autres comme méchants et jugeant, du genre c’est normal de se comporter méchamment envers les autres, c’est normal de se foutre d’eux. Et qu’au bout de voir trop de monde la personne ressente ça comme cela. Que par la suite ça la pousse à se comporter mal, elle même se sentant acculé par les regards jugeant. Il y a aussi dans l’hystérie beaucoup d’hypocondrie et quelques autres symptômes.

La culpabilité de se sentir un poids pour la société.

photo d'un pont à moustier sainte marie
Se sentir seul face à la culpabilité d'être un poids pour la société.

C’est très possible que ma famille a dû s’inquiéter pour moi, je ne sais pas vraiment, ça me gène un peu de penser à ça, peut être car ma maladie psychiatrique reste pour moi du domaine de l’intime.

Bénéficier de l’AAH (cette aide de 900€ par mois pour les gens adultes handicapés) est extrêmement important, ça permet quand même de ne pas être à la rue si sa famille est pauvre, c’est aussi savoir qu’on ne va pas être une charge pour sa famille…

…si il fallait que sa famille entretient la personne malade. Pour moi, me sentir être la charge de ma famille ça aurait été une honte, une souffrance et un grande culpabilité, je l’aurai vécu très mal, je m’en serais atrocement voulu d’être vraiment un poids.

un oursin dans les mains d'une fille
J'aurais été mal à l'aise de récolter les fruits de mon travail : tant de souffrance pour peu de bénéfices, en plus je ressentais que mon travail n'était pas mérité car dans mon idée, les métiers sont néfastes à la société?

J’avais du mal à travailler, c’est toujours un peu le cas, et je peux faire auto entrepreneur mais un métier à horaire fixe me parait impossible, car je dors beaucoup, j’ai du mal à me concentrer, j’ai besoin de me distraire souvent, le fait de faire quelque chose que je risque de trouver complètement inutile va me désespérer au plus haut point, hors je ressentais cela pour la plus part des métier.

Ça, c’est peut être un peu à part de la plus part des schizo, mais ne pas avoir de temps pour tenter de réaliser certains de mes projets si je devais travailler me ferait souffrir à un point dingue.

Même sans un être un poids pour ma famille, je culpabilisais d’être un poids pour la société, je m’en voulais donc de ne pas aimer travailler car il faudrait que je travaille pour ne pas être un poids pour tous, pourtant en même temps je sentais que la plus part des métiers était inutile voir parfois néfastes, j’étais tiraillé à cause de ça entre l’obligation de travailler pour faire bien et ne pas faire les métiers que j’estime néfastes.

Une voiture anglaise des années 70 sur un parking d'un plage normande entre les falaises
La richesse: Je voyais la richesse que je pouvais avoir comme une corruption, comme une mauvaise chose, car les actions qui m'auraient permis d'être riche ne sont pas dans l'intérêt général, ne sont pas des bonnes actions pour les gens, et puis c'est égoïste d'être riche 🙁

Créer des scénarios impossibles

dessin qui semble représenter une statue africaine
C'est un de mes dessins, on dirait une statuette africaine, celles qui, souvent ont des grigris. J'avais aussi très facilement très peur des superstitions démoniaques.
Il m’arrivait souvent enfant de m’imaginer dans un scenario où il fallait agir pour se sauver dans une situation impossible, comme ce scénario:

Et si une crevasse s’agrandissait et si on devait l’enjamber pour se sauver, pour pas mourir, mais qu’elle soit déjà trop grande, qu’il aurait fallu réagir avant. Comme je m’imaginais ce scénario comme presque réel au moment où je me l’imaginais, et que je ne voulais pas accepter que je meurs si je reste de l’autre côté de la crevasse, alors je me rejouais le scénario en boucle.

Le fait de bloquer sur une situation sans solution pour y chercher sans fin une solution, reste une de mes caractéristiques aujourd’hui, étant adulte et soigné.

Comme autre scénario, je pouvais me dire: et si je devais choisir si une personne doit souffrir à la place d’une autre, et si. Comme si la situation se présentait vraiment, ou du moins qu’elle risque vraiment de se présenter. C’était quand j’étais sans médoc. C’est sûrement un peu normal de s’imaginer de tel truc quand on est jeune, des situations qui pourraient arriver, pour essayer de trouver comment agir, ainsi, si il nous arrive une telle situation on est déjà un peu préparé, l’évolution a favorisé ce genre d’idée pour les jeunes pour se préparer à réagir dans des situations envisageables, cependant, dans mon cas, j’imaginais des scénarios de dingues, genre et si je devais choisir entre la mort de mon père ou de ma mère et ça me torturait!

Mon point de vue sur la science et la schizophrénie.

photo en plan large de l'horizon avec les montagnes au loin et un champs asséché derrière des barbelés
Illustration pour embellir le site.

Il n’y a pas de limite entre névrose et psychose, du moins génétiquement ça se voit, les études GWAS qui analysent les gènes des gens ayant des anxiétés et ceux ayant des psychoses n’ont pas montré de différences entre les deux groupes. Ça correspond bien à mon idée que les symptômes psychiques ne sont généralement qu’une exacerbation d’un phénomène normal.

J’ai vu une vidéo du professeur Fourtillan, où il explique que la schizophrénie serait dû à un excès important de l’hormone de l’éveil, une hormone qui agit sur la majorité des neurones du cerveau. Je trouve que cette idée n’est pas bête du tout et colle assez bien à ce que je ressentais et continue de ressentir sur certains points: le fait d’être complètement sur réveillé. Il y a une vidéo sur ce sujet de lui sur sa chaîne youtube:
Vidéo expliquant l’hormone de l’éveil et du sommeil suivant le professeur Fourtillan.

une personne qui fait un coeur avec ses mains sur un arrière plan du lac des gorges du Verdon
L'amour, l'amour, l'amour... Dont on parle toujours... L'amour... C'est un printemps craintif... Une lumière attendrie...

Je m’intéresse un peu parfois à la recherche sur la schizophrénie en pensant que les infections pourraient jouer un rôle important car la toxoplasmose aurait un rôle, et un chercheur a fait ce lien hypothétique entre infections et l’hypothèse de Fourtillan sur la schizophrénie. Je trouve ses hypothèses tout à fait intéressantes, vous pouvez accéder au document expliquant cela ici :
A dormant infection in the eye could cause most cases of schizophrenia
ou la version française: Mon hypothèse sur l’étiologie de la schizophrénie

Les symptômes amoindris mais toujours présents

Les symptômes qui perduraient chez moi malgré les traitements étaient les suivants:

  • Je n’osais dire exactement ce que je pensais quand quelqu’un pensait différemment de moi, j’étais timoré, de peur de me fâcher ou de blesser, je n’osais pas m’opposer, ceci est passé suite à la prise du Bactrim.
  • Je craignais d’être considéré comme un type très étrange, et j’avais peur d’être mal vu sur plein de choses, pour un instant si dans une conversation on parlait d’homosexualité, j’avais peur de passer pour homosexuel et je sentais l’obligation de m’en justifié (en réalité il y avait bien d’autres trucs sur lesquels je redoutais être mal vu que l’homosexualité, mais je ne m’en souviens pas tous), c’est aussi passé suite au bactrim.
  • Je comprenais mal les blagues, j’étais intimidé si on me faisait une blague, ayant peur de passer pour un idiot si je ne répondais pas bien, et je comprenais mal les réactions des gens, je crois qu’il y avait moins d’intonation dans ma voix et que ma tonalité était plate. Cela me faisait penser à l’autisme Asperger, j’avais d’ailleurs un score d’un test d’autisme Asperger très proche de l’autisme Asperger. Suite au Bactrim tout ces symptômes sont rentrés dans l’ordre et le score du test d’autisme me mettait même meilleur que la moyenne de la population générale.
  • J’étais assez parano, et je le suis toujours un peu à m’inquiéter peut être trop de l’état de la démocratie actuelle, même si vu le nombre de personnes qui s’inquiète de ça, il y a peut être des raisons de s’inquiéter.
  • J’ai surement encore plein de petites différences avec la normal, mais ça passe bien 🙂 ce qui continue de m’embêter pas mal est que les traitements sont, à mon avis, pas très bon pour la santé, étant donné à quel point ils me font grossir.

Une synthèse des tout ces symptomes: tout les mécanismes normaux du cerveau qui sont dans ces symptomes exacerbés:

La peur intense d’être mal vu pour dix milles raisons, durant les conversations et aussi quand on s’imagine des scénarios où on parle avec les gens.=> Le fait de paraitre bizarre en société tellement on a peur de paraitre bizarre. Mon cerveau reste activé en tâche de fond sur ce que j’ai vu ou fait pendant très longtemps après l’arrêt de cette tâche et ressent certaines choses plus fortement, comme les choses drole et la peur de paraitre fou ou mal vu si je pense quelque chose: d’où les rires immotivés. L’idée qu’il y a quelques chose de très important à prendre en compte donne les idées bizarres et l’hypocondrie. La peur des catastrophes => favorise aussi l’hypocondrie. La parano et la peur et l’impression que les gens pourraient nous vouloir gratuitement du mal.

Les questions existentielles

Photo en contre jour d'une personne qui monte un escalier en pierre en pente douce entre les montagnes
Seul dans mon destin et ma tête 🙁

Les questions existentielles créaient une peur chez moi, et dont je culpabilisais des les avoir, me disais les gens normaux n’ont pas ces idées inquiétantes, je ressentais que c’est de ma faute si je souffre de ces idées que je ne devrait pas avoir. Par exemple se dire que la vie n’a pas de but, de sens. Et penser que ce n’est pas normal que je n’arrive pas à ressentir que ma vie à un sens. Que c’était grave de ressentir ça comme ça.

En fait je pense que la manière dont je le décris là est mal expliquée, j’avais l’impression d’être maladivement mentalement grave d’oser penser que la vie n’avait pas de but, pas de sens, et à chaque instant alors j’essayais de trouver un but, un sens pour me rassurer. Sauf que partout autour de moi je voyais un futur rempli de souffrances psychiques et d’angoisses (tout les contacts avec les gens créaient de l’angoisse en moi, tout effort pour faire un travail créait de l’angoisse, je ne pourrais que très difficilement travailler ainsi et je risquerai de finir clochard et de mourir ainsi, j’aurais honte d’être un poids pour mes parents s’ils m’entretenaient et si jamais ils voyaient que j’étais malade à ne pas pouvoir travailler, j’aurai été gêné qu’ils sachent eux aussi que j’étais fou), donc je n’arrivais pas à comprendre comment les gens pouvaient faire pour avoir un but dans la vie, ça me faisait souffrir terriblement de voir que je n’y arrivais pas et que je devrais vivre le reste de ma vie dans l’absurdité.

J’avais des questions existentielles comme:

  • “Pourquoi je vis la vie d’un humain plutôt que celle d’une fourmie, alors que les fourmies sont beaucoup beaucoup plus nombreuses sur terre? mais oui, pourquoi donc?”
  • ou “pourquoi l’univers existe et pas rien à la place? en effet si je cherche une raison à tout, on ne peut trouver de raison à pourquoi l’univers existe, du coup est ce que tout ça, l’univers, le monde n’est que dans ma tête?”
  • ou “Comment peut on ressentir les choses alors que le temps actuel dans lequel on vit est infini fin par rapport au temps passé ou futur?”

En fait derrière les questions existentielles intenses il y a, je pense, souvent l’impression de la personne de penser que ce n’est pas normal de les avoir, que c’est mal vu d’en avoir, et de culpabiliser de cela, que ces questions révèlent à vrai dire des inquiétudes que j’ai du mal à expliquer!